Après plusieurs mises en scène à Paris et Avignon (cf CV), les extraits présentés ici sont une seule  et même pièce, "The Island" d'Athol Fugard  mise en scène à Oslo en septembre 2009 avec Issaka Sawadogo et Biniam Yhidego. 



Robben Island, une prison sur une île au large de Cape Town en Afrique du sud où furent incarcérés tant de prisonniers d'opinion et notamment, durant 22 ans, Nelson Mandela.

John et Winston y sont enfermés depuis 3 ans. Le premier a été condamné pour 10 ans, l'autre à perpétuité.
Le jour, sous un soleil brûlant, ils doivent chacun creuser des trous à la pelle puis reboucher les trous creusés par l'autre. Un travail qui détruit l'âme et l'esprit. Et puis  le soir ils sont enchaînés et puis battus. Alors ils prient, ils chantent des hymnes et quand finalement ils ont regagné leur cellule, ils répètent... Antigone. Ce texte d'Euripide vieux de 2 400 ans, ils le mettent en scène avec quelques accessoires : des bouts de ficelles, des clous, des boîtes de conserves.
C'est à la fois tragique et hilarant.
Puis tout bascule. John apprend que sa demande de réduction de peine a été acceptée : il sort dans 3 mois alors que Winston va finir ses jours à Robben Island.
Le Procès et le Châtiment d'Antigone trouveront alors toute leur dimension dans cette misérable cellule du bout du monde où Antigone/Winston dira adieu à son pays et à son peuple : « Je me dirige maintenant vers une mort vivante, parce-que j'ai honoré ces choses auxquelles l'honneur appartient »
 

The Island est une pièce sur les conditions de vie effroyables d'une des plus célèbres et sinistres prisons du temps de l'apartheid, une pièce aussi qui nous dit que la vie est toujours plus forte que le doute et le désespoir.



Elle est basée sur des faits réels.